1951 à 1978 : Une vague de dinosaures déferle dans les cinémas

1. Les années 50

Durant les années 50, plusieurs films de dinosaures sont produits aux États-Unis. La majorité de ces films n’innovent en rien par rapport à ce qui a été vu auparavant, ils utilisent tous le stop motion ou la technique slurpasaur et peinent à rivaliser avec des productions telles que King Kong ou One Million B.C.. Parmi eux, on pourrait citer Lost Continent (1951) qui comporte des effets spéciaux en stop motion d’une qualité médiocre, ainsi que King Dinosaur (1954) dont les uniques bonnes scènes sont des images reprises du film One Million B.C..

La Montagne mystérieuse, 1956
La Montagne mystérieuse, 1956

Il y eu aussi un film nommé La Montagne mystérieuse (1956), qui était assez original à l'époque car ce dernier mélangeait film de dinosaure et western. Malheureusement le scénario reste banal et le dinosaure apparaîtra dans la toute dernière partie du film uniquement. Les effets spéciaux utilisés sont le stop motion pour les plans larges, et des acteurs portant un costume pour les plans serrés. De plus, l'animation stop motion n'est pas très fluide et les plans avec les acteurs costumés sont plutôt ratés.

Malgré tout, cette décennie a connue deux très grands films de dinosaure : Le Monstre des temps perdus (1953) et Voyage au centre de la Terre (1959).

Le Monstre des temps perdus

Le premier innove les films de dinosaures car au lieu de proposer un scénario supplémentaire sur des hommes découvrant un continent oublié habité par des dinosaures, il propose tout à fait l’inverse : c’est cette fois le dinosaure qui arrive dans un milieu urbain ! En plus de proposer une histoire originale, les effets spéciaux du Monstre des temps perdus sont exceptionnels. En effet, les effets spéciaux ont été confiés à Ray Harryhausen, un des plus grands spécialistes du stop motion !

Le Monstre des temps perdu, 1953
Le Monstre des temps perdus, 1953

Harryhausen était un grand admirateur du travail d’O’Brien après avoir découvert King Kong lorsqu’il était âgé de 13 ans. Il se passionnera alors pour l’animation de créatures en stop motion et finira même par travailler avec O’Brien sur le film Monsieur Joe en 1941. Mais c’est grâce au Monstre des temps perdus que Harryhausen obtint une certaine notoriété. Il s’occupera par la suite de la réalisation des effets spéciaux de grands films, comme par exemple Le Monstre vient de la mer (1955), Le Septième Voyage de Sinbad (1958), Un million d’années avant J.C. (1966) La vallée de Gwangi (1969) ou encore Le Choc des Titans (1981)…

Voyage au centre de la Terre

Vient ensuite un autre gros succès des années 50 : la première adaptation cinématographique du roman Voyage au centre de la Terre, écrit par Jules Verne (1828-1905) en 1867. Les adaptations cinématographiques des romans de Verne ont toujours très bien marché durant ces années. En effet, avant Voyage au centre de la Terre, deux films adaptés de ses romans connurent un immense succès : 20.000 lieux sous les mers (1954) et Le Tour du monde en 80 jours (1956).

Voyage au centre de la Terre, 1959
Voyage au centre de la Terre, 1959

Les effets spéciaux du film, concernant les dinosaures, sont réalisés à l’aide d’iguanes filmés en gros plan et possédant une fausse crête dorsale. Le film fut nominé aux Oscars dans la catégorie Meilleurs effets spéciaux, ainsi que la catégorie Meilleurs décors et Meilleurs sons. Ce fut aussi le premier film à utiliser la technique slurpasaur sans utiliser des scènes de One Million B.C., que quasiment toutes les productions utiliseront encore au début des années 60 !

2. Les années 60, quand One Million B.C. dominait le monde

Stock-shots !

Entre 1960 et 1966, quatre nouveaux films de dinosaures sortent sur grand écran :

1. Dinosaurus (1960)
2. Le Monde perdu (1960, remake du film du même nom de 1925)
3. Valley of the dragons (1961)
4. The Island of the Dinosaurs (1966)

Le premier film, Dinosaurus!, raconte comment une explosion sous-marine libère des créatures préhistoriques et un homme de Néandertal. Les dinosaures sont animés via le stop motion pour les plans larges et par des marionnettes lors des plans serrés. La qualité des effets spéciaux rend vraiment plaisant les scènes dans lesquelles apparaissent les deux dinosaures. C’est aussi la première fois qu’un tyrannosaure affronte un… Tractopelle ! Je précise « première fois » car ce type de combat réapparaitra par la suite à deux reprises dans la saga Carnosaur des années 90...

Dinosaurus! est le seul film à innover un tant soit peu les films de dinosaures durant la première moitié des années 60. Les trois autres films cités plus haut comportent en effet principalement des images provenant directement du film One Million B.C. ! Et ce qui est ironique, c’est qu’il faudra attendre la sortie du remake de ce dernier en 1967 pour découvrir de nouveaux dinosaures !

Un remake culte

Un million d’années avant J.C. sort en 1967 et c’est la seconde fois que Ray Harryhausen s’occupera d’animer des animaux préhistoriques ! Pour ce film, Harryhausen ne se contentera pas uniquement du stop motion : il utilisera brièvement la technique slurpasaur afin de faire passer un iguane pour un dinosaure au début du film. La même technique est utilisée sur une tarentule afin de lui donner des proportions gigantesques !

Le film comporte plusieurs scènes inoubliables : le combat entre l’homme des cavernes Tumak et un allosaure, le personnage de Raquel Welch se faisant enlever par un ptérosaure, un combat opposant un tricératops à un cératosaure…

Un million d'années avant J.C., 1967
Un million d’années avant J.C., 1967

Le combat entre Tumak et l’allosaure est particulièrement réaliste, on croirait vraiment que l’acteur se trouve face à face à la créature de Harryhausen ! Et bien que la qualité des effets spéciaux soit exceptionnelle, il faut reconnaitre que le fait de retrouver autant de belles femmes vêtues de simples peaux de bêtes dans ce film a certainement tout autant contribué à son succès auprès du public.

Après Un million d’années avant J.C., un dernier film de dinosaure verra le jour durant les années 60 : La Vallée de Gwangi (1969).

3. Les dinosaures de la fin des années 60 à la fin des années 70

Aux alentours des années 70 les films de dinosaures n’évolueront pas particulièrement, bien que pour la plupart des films ont peut noter une forte amélioration des effets spéciaux dans la technique du stop motion ou des marionnettes plus réalistes. Je parlerais ci-dessous des œuvres les plus marquantes de cette décennie.

La Vallée de Gwangi

La Vallée de Gwangi est un film assez intéressant pour plusieurs raisons : tout d’abord, le scénario mélange cow-boys et dinosaures, ce qui n'était plus arrivé depuis le très moyen La Montagne mystérieuse en 1956. Ensuite, les effets spéciaux sont une fois de plus confiés à Harryhausen, faisant de ce film son troisième et dernier film de dinosaures.

La Vallée de Gwangi, 1969
La Vallée de Gwangi, 1969

Malgré le thème du film et la présence d’Harryhausen aux effets spéciaux, le film ne connaitra pas un énorme succès lors de sa sortie. Pourtant on retrouve plusieurs animaux préhistoriques (eohippus, styracosaure, ptéranodon, ornithomimus et allosaure) et on a droit à des scènes incroyables avec l’allosaure capturé par les cow-boys et sa fuite. Peut-être que le scénario était trop proche de King Kong et les créatures rappelaient trop celles de Un million d’années avant J.C. ?

La trilogie des continents préhistoriques

Durant les années 70, plusieurs films de dinosaures à succès virent le jour. Il s’agit principalement de films d’aventures, dont les plus célèbres sont Le sixième continent (1975) et ses deux suites : Centre terre, septième continent (1976) et Le Continent oublié (1977). Ces trois films, réalisés par Kevin Connor, sont adaptés de nouvelles écrites par Edgar Rice Burroughs (1875-1950) entre 1914 et 1918.

Le Sixième continent, 1975
Le sixième continent, 1975

Le premier opus comporte une idée particulièrement intéressante : le fameux sixième continent découvert par un équipage d’un sous-marin allemand et quelques anglais contient plusieurs années d’évolution réparties sur des parties différentes du continent. Plus les personnages avancent au Nord, plus les créatures évoluent.

Centre terre, septième continent, 1976
Centre terre, septième continent, 1976

Sa suite, Centre terre, septième continent, ne contient pas vraiment de dinosaures ayant existé. Il s’agit plutôt de géant reptiles volant possédant des pouvoirs télépathiques. Bien que faisant partie de la trilogie, ce film est différent des autres puisqu’il ne se déroule pas sur le sixième continent, mais au centre de la Terre.

Le Continent oublié, 1977
Le Continent oublié, 1977

Le dernier opus est en quelque sorte un mixe des deux premiers volets. L’histoire est une suite directe du premier film donc nous retrouvons le sixième continent, mais on retrouve des éléments du second opus comme par exemple les indigènes (plus évolués que les hommes préhistoriques aperçus dans le premier opus).

Les dinosaures apparaissant dans ces films sont des marionnettes ou maquettes amovibles de très bonne qualité pour l’époque, bien qu’aujourd’hui ces effets peuvent paraître dépassés.

Quand les dinosaures dominaient le monde

Quand les dinosaures dominaient le monde est sorti en 1970. Cette production des studios Hammer est relativement similaire à Un million d’années avant J.C. (qui est également une production de ces studios), sauf que le personnage principal fuyant sa tribu est cette fois-ci une femme. Il apparait clairement ici que le principal argument de vente du film est les femmes dénudées, comme ce fut le cas de plusieurs films d’aventure de la société au cours des années 60 :

1.La Déesse de feu (1964), avec Ursula Andress,
2.Un million d’années avant J.C. (1966), avec Raquel Welch
3.Les femmes préhistoriques (1967), avec Martine Beswick
4.La Déesse de sable (1968, suite de La Déesse de feu), avec Olga Schoberová

Quand les dinosaures dominaient le monde, 1970
Quand les dinosaures dominaient le monde, 1970

Mais les dinosaures ne sont pas mis de coté pour autant, ils sont même plutôt nombreux à apparaître dans le film ! Ils sont tous animés en stop motion de bonne qualité et sont même très bien intégrés dans les scènes. C’est Jim Danforth et David Allen (1944-1999) qui se sont occupés des effets spéciaux du film. Danforth travaillera par la suite avec Ray Harryhausen sur Le Choc des Titans (1981) ainsi que sur un film comportant des dinosaures animés de manière très réalistes en stop motion : La Planète des dinosaures (1978).

La Planète des dinosaures

Autant le dire tout de suite : La Planète des dinosaures est un très mauvais film. Les acteurs sont médiocres et les dialogues ridicules.

La planète des dinosaures, 1978
La Planète des dinosaures, 1978

Pourtant, cette adaptation du roman éponyme écrit en 1978 par Ann McCaffrey a le mérite de comporter des dinosaures animés en stop motion impressionnants. Il faut savoir que la majorité du budget accordé au film est passé dans l’animation de ces créatures, et cela se voit !

 

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