1985 à aujourd’hui : Les dinosaures modernes

1. Les dinosaures des années 80, des créatures pour enfants

Le cinéma des années 80 sera très pauvre pour les dinosaures, les films du genre finissaient tous par se ressembler. C’est pourtant au cours de cette décennie que les dinosaures modernes feront leur première apparition dans des films Disney ! C’est en effet au cours de ces années que les premiers animatroniques de dinosaures apparaitront. C’est également durant cette période que Disney se décidera à sortir un dessin animé entièrement consacré à ces créatures, une première dans l’histoire du cinéma.

Retour vers la comédie

Les dinosaures des années 70 apparaissaient principalement dans des films d’aventures relativement sérieux, mais ceux des années 80 font l’opposé en apparaissant dans plusieurs comédies fantastiques ! Le premier film à ouvrir le bal est L’Homme des cavernes (1981), un film racontant les aventures de l’homme préhistorique Atouk.

Les Aventuriers de la 4ème dimension
Les Aventuriers de la 4ème dimension, 1985

Par la suite, les dinosaures feront quelques petites apparitions dans plusieurs comédies comme dans le film référentiel Les Aventuriers 4ème dimension (1985) par exemple. Mais c’est vraiment dans deux films Disney que ces derniers évolueront vraiment.

Baby, premiers animatroniques de dinosaures

En 1985 sortira le film familial Baby, le secret de la légende oubliée. Le film raconte l’histoire d’un couple de paléontologues découvrant en pleine jungle africaine la dernière famille de brontosaures. Ils adoptent le petit, baptisé Baby, après que le fanatique Dr Kiviat ait abattu le père puis capturé la mère.

Baby, le secrète de la légende oubliée
Baby, le secret de la légende oubliée, 1985

Ici pas de stop motion ou de marionnettes pour donner vie aux dinosaures, mais des animatroniques, plus particulièrement des audio-animatronics. Il faut savoir que cette technologie a été conçue puis développée par Disney, pour ses attractions à la base, donc ce n’est pas si surprenant de retrouver cette technologie dans un des films de leurs studios! Les audio-animatronics sont des automates synchronisant leurs gestes et à une bande-sonore.

Cette technologie est toujours utilisée dan les films de dinosaures de nos jours, en plus des images de synthèses.

Le premier véritable dessin animé de dinosaures

Les dinosaures ont fait leur entrée dans le cinéma grâce à un dessin animé : Gertie le dinosaure. Pourtant, ce dessin animé était un court métrage et par la suite aucuns longs dessins animés mettant en scène des dinosaures ne verront le jour. On peut bien évidemment citer Fantasia et son segment consacré aux dinosaures, mais malgré tout aucun dessin animé ne leur était entièrement consacré.

Il faudra attendre 1988 pour que les dinosaures fassent leur grand retour dans le domaine de l’animation. C’est en effet cette année que le public pu découvrir Le Petit dinosaure et la vallée des merveilles. Le film est réalisé par Don Bluth, et produit par deux grands noms du cinéma : Steven Spielberg et George Lucas.

Le Petit dinosaure et la vallée des merveilles
Le Petit dinosaure et la vallée des merveilles, 1988

Le film raconte comment un petit apatosaure, Petit-Pied, se retrouve orphelin puis par à la recherche de la Grande Vallée, un endroit merveilleux où l'eau et la verdure se trouvent encore en abondance. Il espère aussi y retrouver ses grands-parents, car c'est là que tous les troupeaux de dinosaures se dirigent afin d’éviter la sécheresse. Il croisera sur sa route quatre autres jeunes dinosaures qui l’accompagneront : un tricératops, un parasaurolophus, un ptérodactyle et un stégosaure.

La réalisation du Petit dinosaure et la vallée des merveilles nécessita 1'000’000 dessins, 100’000 cellulos et plus de 600 fonds différents. Le film connaitra 12 suites entre 1994 et 2007, avant de s’achever par une série télévisée de 26 épisodes la même année.

Il est à noter également que Spielberg produira un autre dessin animé mettant en scène des dinosaures en 1993 : Les Quatre Dinosaures et le Cirque magique. Le dessin animé raconte les aventures de quatre dinosaures propulsés au 20ème siècle par un scientifique, après avoir ingurgité des céréales les ayant rendu gentils.

 

2. Jurassic Park, des dinosaures plus réalistes que jamais

Naissance du film

Jurassic Park (1993) s’inspire du roman éponyme de Michael Crichton (1942-2008) sorti en 1990. Steven Spielberg, le réalisateur du film, entendit parler du roman en 1989 en discutant avec l’auteur à propos d’un scénario qui deviendra la célèbre série télévisée Urgence. Les droits furent achetés par le studio Universal Pictures en mai 1990 afin que Spielberg puisse réaliser le film.

Spielberg tenait absolument à changer l’image que se faisaient les gens des dinosaures. En effet, ces derniers ont pratiquement toujours été montrés comme des monstres dans le cinéma. Le réalisateur souhaitait que ces derniers aient d’avantage l’air d’animaux dans son film. C’est pourquoi des paléontologues furent engagés en tant que consultant afin que l’apparence et la manière de bouger des dinosaures soient le plus proche possible de la réalité.

Des effets spéciaux à la pointe de la technologie

Pour les effets spéciaux des dinosaures, Spielberg souhaitait utiliser des animatronics pour tous les plans du film. Mais ce projet était irréalisable. En effet, il est impossible de réaliser des animatronics complets de dinosaures aussi grand qu’un tyrannosaure. De plus, durant les plans larges, les câbles reliés aux animatronics seraient visibles. C’est pourquoi Spielberg décida de garder les animatronics pour les plans serrés uniquement, tandis que le go motion serait utilisé pour les plans larges (avec quelques retouches via des ordinateurs). Le go motion est en quelque sorte l’évolution du stop motion.

Le tyrannosaure du film Jurassic Park animé en go motion
Le Tyrannosaure du film Jurassic Park animé en go motion

Le go-motion est une technique gérant les mouvements d'une marionnette à l'aide de tringles reliées à des petits moteurs étant contrôlés par ordinateur. Les mouvements sont enregistrés et peuvent être rejoués ou corrigés avant même la prise de vue, chose impossible à faire avec le stop-motion. En outre le go-motion permet de contrôler l'effet de flou et de donner au mouvement des marionnettes une crédibilité "photographique" qui faisait défaut au stop-motion.

Mais ce le réalisateur fut insatisfait des résultats du go motion lorsqu’il les découvrit à l’écran. Des animateurs créèrent alors un cycle de marche pour le squelette du Tyrannosaure sur ordinateur, avant de se décider à aller plus loin et créer une scène dans laquelle le tyrannosaure chasse des galliminus. Spielberg est impressionné du résultat et décide alors de laisser tomber le go motion pour des images de synthèse.

Le tyrannosaure du film Jurassic Park animé sur ordinateur
Le Tyrannosaure du film Jurassic Park animé sur ordinateur, sans les textures

Un nouveau système sera mis au point pour améliorer l’animation des dinosaures : le Dinosaur Input Device (DID). Il s’agit d’une maquette articulée de dinosaure dont les points d'articulation sont munis d'encodeurs électroniques. Le DID est relié à un ordinateur et permet d'enregistrer image par image tous les mouvements à faire exécuter par un modèle 3D.

Le film

L’histoire de Jurassic Park est celle d’un PDG d'une puissante compagnie, John Hammond, parvenant à donner vie à des dinosaures grâce au clonage et décidant de les utiliser dans le cadre d’un parc d'attraction qui ’il compte ouvrir sur une île. Avant l'ouverture, il fait visiter le parc à un groupe d'experts afin d’obtenir leur aval. Pendant la visite, un informaticien corrompu par une entreprise rivale coupe les systèmes de sécurité afin de voler des embryons de dinosaures. Les créatures se retrouvent alors libérées de leur enclos.

Jurassic Park, 1993
Jurassic Park, 1993

On retrouve dans le film les dinosaures suivants : le tyrannosaure, le vélociraptor, le dilophosaure, le brachiosaure, le tricératops, le galliminus et le Parasaurolophus.

Réception

Après sa sortie en 1993, Jurassic Park connu un immense succès auprès du public et devint le plus grand succès financier jamais réalisé jusque là. Le film remporta plusieurs trophées, dont les trois Oscar pour lesquels il était nommé : Oscar des meilleurs effets visuels, Oscar du meilleur son, Oscar du meilleur mixage de son.

Séquelles

Vu le succès du film, il n’est pas étonnant que ce dernier eu droit à deux suites : Le Monde Perdu : Jurassic Park (1997) et Jurassic Park III (2001).

Le Monde Perdu, 1997
Le Monde Perdu : Jurassic Park, 1997

Le second film sera toujours réalisé par Spielberg et est adapté du deuxième livre consacré à Jurassic Park de Crichton, sorti en 1995. Le film prend plusieurs libertés par rapport au livre et comporte plusieurs références au film King Kong de 1933 ainsi que Le Monde Perdu de 1925. On y retrouve aussi de nouveaux dinosaures : le compsognathus, le ptéranodon, le Pachycephalosaurus et le Mamenchisaurus.

Jurassic Park III, 2001
Jurassic Park III, 2001

Le dernier film de la trilogie sera cette fois-ci réalisé par Joe Johnston et le scénario est aussi totalement original mais largement inférieur à celui des précédents films. Cet opus marque l’apparition de quatre nouveaux dinosaures (sur un total de treize) : l'Ankylosaure, le Spinosaure, le Cératosaure et le Corythosaure.

3. Les autres films de dinosaures, de 1993 à 2010

La saga nanar des Carnosaurs

En plus de Jurassic Park, une autre saga de dinosaures a vu le jour dans les années 90 : celle des Carnosaurs.

Cette saga comporte trois films pouvant tous être qualifiés de nanar. Ce terme est utilisé pour désigner un film étant mauvais, mais dont les défauts ont tendance à faire rire le spectateur.

Carnosaur, 1993
Carnosaur, 1993

Le premier opus, Carnosaur, est sorti en 1993 et tente de planer sur le succès de Jurassic Park. On y retrouve en effet les deux principaux dinosaures du film de Spielberg : un vélociraptor et un tyrannosaure (qui seront en fait les seuls dinosaures à apparaître dans cette saga). Mais l’apparition de ces créatures sera le seul point commun avec Jurassic Park. En effet, le scénario invraisemblable et les effets spéciaux n’ont strictement rien à voir avec le chef-d’œuvre de Spielberg ! De plus, il faut reconnaitre que Carnosaur est un film bien plus sanglant que Jurassic Park.

Carnosaur 2, 1995
Carnosaur 2, 1995

Les dinosaures de la saga Carnosaur sont en fait des marionnettes en caoutchouc d’une qualité plus que discutable. Pour ses deux suites, sorties respectivement en 1995 et 1996, la seule évolution sera l’utilisation de costumes en caoutchouc pour représenter les vélociraptors.

À noter tout de même des combats très divertissant opposant un tractopelle à un tyrannosaure dans les deux premiers films. L’idée aurait été originale si cela n’avait pas déjà été réalisé auparavant dans Dinosaurus! (1960).

Prehysteria! , la trilogie pour enfants

Une autre saga de dinosaures verra le jour en 1993 : Prehysteria! .

Les affiches de la saga Prehysteria!
Les affiches de chaque film de la trilogie Prehisteria!

Les personnages principaux de chaque film de la saga sont des gentils dinosaures miniatures, animés en stop motion ou à l’aide de marionnettes. On croirait donc d’avantage avoir à faire à des figurines de dinosaures animées plutôt qu’à de vrais dinosaures ! Même si ces effets spéciaux ne sont pas exceptionnels, il faut tout même reconnaitre que ces petits dinosaures ont un certain charme.

Les suites du premier film, Prehysteria! 2 et 3, sortiront respectivement en 1994 et 1995.

Disney et ses nouveaux dinosaures en images de synthèse

Après Fantasia, Baby, le secret de la légende oubliée et la saga du petit dinosaure, les studios Disney sortiront un nouveau film de dinosaures sobrement intitulé Dinosaure en 2000.

Le film raconte l’histoire d’un bébé iguanodon étant élevé par des lémuriens, qui l’appelleront Aladar. Le dinosaure grandit parmi eux, jusqu'au jour où la chute d’une météorite provoqua la destruction de l'île sur laquelle ces derniers vivaient. Aladar et ses amis lémuriens trouvent alors refuge auprès d'un groupe de dinosaures voyageant à la recherche de la Terre des nids. Affamé et pourchassé par les terrifiants carnotaures, le groupe n'a que peu d'espoir de survie. À moins d'accepter d'écouter Aladar...

dinosaure, 2000
Dinosaure, 2000

Cette fois-ci il ne s’agira pas d’un dessin-animé ni d’un film avec des audio-animatronics, mais bien d’un film d’animation incluant des dinosaures réalisés en images de synthèse à des décors réels. Bien qu’il s’agisse d’un film d’animation, les dinosaures sont très réalistes ! Les animateurs ont dessiné et animé en détails chaque partie du corps des créatures apparaissant dans le film, en suivant les indications de paléontologues. La scène d’introduction du film est particulièrement bluffante.

Le grand retour de Kong... Et des dinosaures de Skull Island

King Kong est une figure emblématique du cinéma étant le personnage principal de plusieurs films ainsi que deux dessin-animés, il n’est donc pas très surprenant qu’un remake vit le jour en 2005. Le film de 1933 avait déjà connu un remake en 1976, mais les dinosaures étaient totalement absents du film. Il faudra attendre la version de 2005 réalisée par Peter Jackson pour que ces derniers réapparaissent sur Skull Island.

King Kong, 2005
King Kong, 2005

Le film de 1933 comportait des créatures animées en stop motion, ce qui était la meilleure façon de les faire vivre à l’écran à l’époque, tandis que la version 2005 fait vivre les nombreux animaux de Skull Island à l’aide d’images de synthèse à la pointe de la technologie. Malgré tout les dinosaures ont gardé un look old-school. En effet, le look des dinosaures au cinéma a évolué avec les découvertes paléontologiques. Pourtant, Peter Jackson a tenu à donner à ses dinosaures un look plutôt similaire à la façon dont ces lézards géants étaient représentés dans les années 30. Le studio s’étant occupé de créer les créatures du film est sans surprises Weta, qui est le studio post-production créé par Peter Jackson en Nouvelle-Zélande. Le studio est principalement connu pour son travail apporté à la trilogie du Seigneur des Anneaux (2001 à 2003).

Voyage vers un nouveau monde perdu

Entre 2008 et 2009 sortirent deux comédies comportant des dinosaures : Voyage au centre de la Terre 3D (2008) et Le monde (presque) perdu (2009).

Voyage au centre de la Terre 3D, 2008
Voyage au centre de la Terre 3D, 2008

Le premier est une adaptation supplémentaire du roman éponyme de Jules Verne, mais cette fois-ci plutôt orientée vers la comédie. Le dinosaure apparaissant dans le film est une fois de plus animé en images de synthèse, mais il a un petit quelque chose en plus par rapports aux autres dinosaures du cinéma : il apparait en relief grâce à la technologie de l’image stéréoscopique, une technologie de plus en plus utilisée dans le cinéma.

La stéréoscopie consiste à dédoubler une image plane afin de créer un effet de relief. Cette technologie est aussi vielle que la naissance de la photographie elle-même. Elle a été réactualisée récemment dans l’industrie du cinéma afin de donner l’envie au public de se rendre dans les salles de cinéma, qui se remplissaient de moins en moins à cause du téléchargement illégal de films.

Le Monde (presque) perdu, 2009
Land of the Lost, 2009

Le monde (presque) perdu, lui, est l’adaptation d’une série télévisée des années 70 : Land of the Lost. Le film expose les mésaventures d’un paléontologue se retrouvant happé dans un monde parallèle avec deux compagnons. Le seul véritable intérêt de ce film est de voir des dinosaures, réalisés en CGI d’une qualité relativement bonne, effectuer certaines actions que l’on a pas du tout l’habitude de voir dans les autres films du genre. Il s’agit même du premier long-métrage, autre que les dessins-animés ou films d’animation, dans lequel un dinosaure possède une personnalité attachante, comme Gertie par exemple. En effet, le tyrannosaure du film comprend l’anglais et a certaines réactions que seul un être-humain pourrait avoir.

2010, le premier dinosaure du cinéma français

C’est en 2010 que Luc Besson adapte sur grand-écran la série de bandes dessinées Les Aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec de Jacques Tardi. Le film raconte les aventures d’une journaliste, Adèle Blanc-Sec, qui se retrouve ici confrontée à des momies ainsi qu’un ptérodactyle.

Les aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec
Les Aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec, 2010

Il s’agit du premier long-métrage français mettant en scène un dinosaure bien vivant. L’objectif Luc Besson était de rendre hommage le plus fidèlement possible à la bande dessinée originale, c’est pourquoi le ptérodactyle est similaire à celui des dessins originaux, malgré quelques différences. Il est rouge et un peu maladif, comme dans la bande dessinée, mais plus photoréaliste. Plusieurs animaux ont servi de référence : la tortue pour le cou, le crocodile pour les écailles autour de l'œil et la chauve-souris pour les ailes. La créature est entièrement conçue en image de synthèse et animée selon la technique du key frame, c'est-à-dire par images clefs.

 

Suite du dossier (prochainement)

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